Les autorités provinciales de fait issues du M23 au Sud-Kivu ont fixé, de manière provisoire, le prix du carburant à la pompe dans les zones sous leur contrôle. Désormais, le litre d’essence est fixé à 4.000 francs congolais (FC) et celui du mazout à 4.200 FC, selon une décision prise ce jeudi 9 avril 2026 à Bukavu.

Cette mesure a été annoncée à l’issue d’une réunion présidée par le Gouverneur M23 Patrick Busu Bwa Ngwi Nshombo, en collaboration avec le club des pétroliers, la Fédération des Entreprises du Congo, les transporteurs ainsi que les armateurs, dans la salle de l’Auditorium de la Femme à Labotte.

Selon le Gouverneur M23, cité par la Cellule de Communication, cette décision vise à mettre un terme à la spéculation et à la confusion observées dans la fixation des prix du carburant à Bukavu et dans ses périphéries.

Au cours de cette rencontre, les participants ont analysé la structure des coûts des importateurs, évalué les conditions d’approvisionnement et examiné les contraintes administratives évoquées par les opérateurs économiques.

Il a été convenu notamment que le prix du carburant doit être obligatoirement affiché à la pompe, que le litre d’essence est fixé à 4.000 FC (environ 1,7 USD) et que le litre de mazout est fixé à 4.200 FC (environ 1,8 USD).

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Concernant le transport en commun, les tarifs restent globalement inchangés. Toutefois, le prix d’une course en taxi passe de 1.000 FC à 1.200 FC.

Le billet de bateau sur l’axe Bukavu-Goma est désormais fixé à 25.000 FC, contre 10 dollars américains auparavant, tandis que les tarifs des motards restent inchangés.

Le maire de la ville M23 a été chargé de publier, dans un bref délai, un arrêté fixant officiellement les prix du transport après concertation avec les acteurs du secteur.

Le Gouverneur M23 a expliqué que cette décision intervient dans un contexte marqué par des tensions économiques liées notamment à la situation géopolitique internationale, évoquant la guerre en Iran et la perturbation des circuits d’approvisionnement du pétrole, ainsi que la fermeture du détroit d’Ormuz.

Toutefois, il a insisté sur le fait que ces facteurs externes ne peuvent justifier une fixation anarchique ou abusive des prix.

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Par ailleurs, Patrick Busu Bwa Ngwi Nshombo a dénoncé le refus de certains opérateurs économiques d’accepter des billets de banque dégradés, pourtant en circulation légale.

Il a rappelé que tout billet ayant cours légal doit être accepté dans les transactions, qualifiant ce refus d’atteinte à l’ordre monétaire.

À cet effet, il a instruit plusieurs services, notamment l’AREFA, la CADECO, la coordination des finances, la SNEL, la REGIDESO, la DGI, ainsi que la DGRAD, de prendre des mesures immédiates pour mettre fin à ces pratiques.

Jean-Luc M.

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