Le mouvement citoyen LUCHA et le parti politique ENVOL ont vivement critiqué la décision du gouvernement congolais d’accepter l’accueil de migrants expulsés des États-Unis sur le territoire de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié récemment, la LUCHA condamne ce qu’elle qualifie de « transformation de la RDC en espace de relégation », estimant que cette décision s’inscrit dans une logique de sous-traitance des politiques migratoires des grandes puissances vers des États jugés fragiles.
Pour ce mouvement citoyen, cette initiative intervient dans un contexte national marqué par de nombreux défis, notamment l’insécurité persistante à l’Est, la précarité sociale et le manque d’accès aux services de base.
« Un État incapable de protéger ses citoyens ne peut prétendre accueillir ceux que d’autres rejettent », affirme la LUCHA, dénonçant une « imposture politique ».
Le mouvement appelle ainsi à l’annulation pure et simple de cet accord et rejette toute tentative de faire de la RDC une zone de transit migratoire au service d’intérêts étrangers.
De son côté, le parti ENVOL exprime une « profonde indignation » face à ce qu’il considère comme un abandon de la souveraineté nationale. Il rappelle que la RDC fait déjà face à une crise humanitaire importante, avec plusieurs millions de déplacés internes et des milliers de réfugiés dans les pays voisins.
ENVOL déplore également l’absence de débat public et de contrôle parlementaire autour de cette décision, estimant qu’un engagement de cette nature ne peut être pris « dans l’opacité ».
Le parti s’inquiète notamment du manque de clarté sur plusieurs aspects. Il s’agit du nombre de personnes concernées, leur statut juridique, les conditions d’accueil et d’installation, les implications sécuritaires et sociales ou encore les éventuelles contreparties de cet accord.
Face à cette situation, ENVOL formule plusieurs revendications, notamment la suspension immédiate du dispositif, la publication des termes de l’accord, la saisine du Parlement et l’ouverture d’un débat national sur la politique migratoire.
Le parti appelle par ailleurs les forces politiques et sociales à se mobiliser pour défendre « la souveraineté, la dignité et l’avenir du Congo ».
Ces réactions interviennent après la confirmation par le gouvernement, le 5 avril 2026, de la mise en place d’un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers dans le cadre de la coopération internationale.
Si les autorités évoquent une démarche fondée sur la solidarité et la souveraineté, plusieurs voix critiques estiment au contraire qu’elle pourrait avoir des implications politiques, sécuritaires et sociales majeures pour le pays confronté à une spirale de violences armées depuis l’ouverture de ses frontières du Kivu aux réfugiés rwandais.
