À l’occasion de la clôture du mois de mars, dédié à la promotion des droits des femmes, plusieurs organisations féministes actives à Bukavu ont présenté un aperçu des actions menées en faveur d’une société plus juste et inclusive, malgré un contexte sécuritaire préoccupant à l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans un entretien accordé à La Prunelle RDC, ce lundi, des structures telles que l’Association des Femmes de Médias (AFEM), La Prunelle RDC asbl et le Club Zaida Catalan pour la paix et la sécurité ont mis en lumière les initiatives réalisées tout au long du mois, tout en rappelant la nécessité de renforcer le rôle des femmes dans une société où elles restent encore marginalisées.
Autonomisation, médias et plaidoyer : les trois axes d’intervention de l’AFEM
L’Association des Femmes de Médias (AFEM) a structuré ses interventions autour de trois principaux axes. Le premier concerne le lancement du projet « Inclusion et autonomisation des femmes et filles pour une inclusion durable à l’Est de la RDC », mis en œuvre dans le cadre du programme « Impact » avec l’appui de Kvinna Till Kvinna.
Ce projet vise à renforcer la participation des femmes et des filles dans les processus de paix, tout en favorisant leur autonomisation économique à travers des initiatives communautaires.
Dans ce cadre, l’AFEM a également organisé un atelier de vulgarisation des mécanismes et initiatives de paix. Une occasion pour les participantes d’analyser les accords existants et d’identifier leurs limites en matière de prise en compte du genre.
« Les femmes ont passé en revue les différents accords et leurs limites. Nous avons clôturé par un point de presse réunissant 25 médias afin d’amplifier la voix des femmes et d’alerter sur leur faible implication dans les processus de paix », a expliqué Nelly Adidja, chargée de programme à l’AFEM.
Le deuxième axe a porté sur le volet médiatique, avec la production d’émissions consacrées aux droits des femmes et à leur autonomisation, mettant en lumière des initiatives locales à Kalehe, Luwindja, Mushinga et Bukavu.
Enfin, une campagne numérique a été menée à travers des visuels et messages de sensibilisation diffusés en ligne. Selon l’AFEM, plus de 340 femmes et filles ont déjà bénéficié d’un accompagnement et de formations en petits métiers, favorisant leur indépendance financière.
La Prunelle RDC : sensibilisation, environnement et inclusion numérique
De son côté, La Prunelle RDC asbl a concentré ses efforts sur la sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG) et la promotion de l’égalité de genre à Bukavu, Uvira et Goma.
Selon Réconcilié Obonage, Chargé des Programme, ces actions ont été renforcées par des activités environnementales organisées dans le cadre du « mois vert ».
« Nous avons participé à deux reprises à des travaux communautaires (salongo) au site du mémorial des femmes victimes des violences à Bukavu », a-t-il indiqué.
L’organisation a également pris part au FEMTECH Summit, un événement dédié à la promotion des femmes dans le numérique, organisé par Falax Vision. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté de promouvoir les droits numériques des femmes.
Pour clôturer ce mois de mars, La Prunelle RDC asbl a organisé un dialogue intergénérationnel entre des jeunes étudiantes et des femmes leaders dans le cadre du projet « Tufaulu Pamoja ».
Grâce à ces différentes actions, La Prunelle RDC constate une amélioration progressive de la compréhension des droits par les communautés, tant chez les femmes que chez les hommes.
Le Club Zaida Catalan pour la paix et la sécurité, pour sa part, a axé ses interventions sur l’éducation à l’égalité des sexes et la mobilisation communautaire.
Au Lycée Wima de Bukavu, une formation a été organisée pour sensibiliser les élèves à l’égalité de genre. Le club a également participé aux activités au site du mémorial des femmes victimes des conflits armés, notamment à travers une action de reboisement symbolique.
« Nous avons planté des arbres pour renouveler notre attachement à ce lieu, symbole de résilience des femmes victimes des conflits armés en RDC », a expliqué Judith Maroyi.
Par ailleurs, un dialogue communautaire tenu à Kabare a permis de réunir leaders locaux, hommes et femmes autour des questions liées aux normes sociales, à l’accès à la terre et à l’héritage.
Malgré l’insécurité persistante dans l’Est du pays, ces organisations féministes affirment leur engagement à poursuivre leur lutte pour les droits des femmes.
Elles plaident pour une inclusion accrue des femmes dans les processus de paix et de prise de décision, condition essentielle pour bâtir une société durablement équitable.
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