L’organisation Karibu Jeunesse Nouvelle (KJN) a lancé, depuis le lundi 30 mars 2026 à Bukavu, un atelier de restitution des résultats d’une recherche sur les violations des droits des femmes et des jeunes filles liées à l’héritage et à l’accès à la terre. L’étude couvre la ville de Bukavu ainsi que les territoires de Kabare, Kalehe, Idjwi et Walungu.
L’objectif de cette activité est d’analyser les causes de ces violations, d’identifier les auteurs, et d’évaluer leurs conséquences sur la cohésion sociale et la consolidation de la paix dans ces entités.
Lors de la première journée, les participants ont suivi la présentation des résultats de l’étude menée sur le terrain. Des échanges et travaux en groupes ont permis d’approfondir la compréhension des réalités locales.
Selon Jolly Kamuntu, présidente du conseil d’administration de KJN, les droits des femmes à la terre et à l’héritage restent largement non respectés dans les zones concernées.
« Les droits des femmes à la terre et à l’héritage ne sont pas encore effectifs dans nos territoires et dans la ville de Bukavu. Nous continuons à constater leur marginalisation, malgré les garanties prévues par le code de la famille et la loi foncière », a-t-elle déclaré.
La deuxième journée, tenue le mardi 31 mars, a été consacrée à un module juridique portant sur les dispositions du code de la famille et de la loi foncière en matière d’héritage et d’accès à la terre.
Facilitant les échanges, Maître Papy Kajabika a souligné que la terre constitue une ressource essentielle pour les femmes, notamment en tant que source de revenus agricoles. Toutefois, il a déploré les obstacles persistants à leur accès, liés notamment aux pesanteurs coutumières et à la faible application des lois.
« Il n’y a aucune limite pour la femme en matière d’héritage. La loi lui reconnaît pleinement ce droit. Le défi réside dans les pratiques coutumières qui prennent souvent le dessus sur la loi », a-t-il expliqué, appelant les gardiens de la coutume à se conformer aux textes légaux.
L’atelier a réuni divers acteurs, dont des chefs coutumiers, des leaders religieux, des organisations féminines et des professionnels des médias. À l’issue des travaux, les participants se sont engagés à vulgariser les lois en faveur des droits des femmes à la terre et à l’héritage.
Représentant des chefs coutumiers du groupement de Lugendo, Pascal Bahati a promis de relayer les acquis de l’atelier au sein de sa communauté.
Lire aussi : 8 mars à Bukavu: KJN sensibilise sur la Résolution 2250
« Nous allons nous approprier les lois, les étudier et les appliquer. Nous nous engageons également à défendre les droits des femmes et à restituer ces connaissances dans nos communautés », a-t-il affirmé.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du programme « Femme, Terre, Paix et Sécurité », mis en œuvre par KJN avec l’appui financier de la National Endowment for Democracy (NED), visant à promouvoir les droits fonciers et successoraux des femmes au Sud-Kivu.
