Le constat est alarmant. Dans son Rapport mondial de suivi 2026, l’UNESCO révèle que 273 millions d’enfants et de jeunes sont aujourd’hui privés d’école à travers le monde — un chiffre en hausse pour la septième année consécutive.
Malgré une progression notable de l’accès à l’éducation (avec une augmentation de 30 % des effectifs scolaires depuis le début du siècle) les avancées sont désormais fragilisées par l’intensification des crises et la pression démographique. Le fossé entre les engagements internationaux et les réalités du terrain ne cesse de se creuser.
Selon ce rapport publié le 25 mars 2026, le ralentissement est global. Certes, 25 enfants supplémentaires sont scolarisés chaque minute, mais ce rythme reste insuffisant face à la croissance rapide de la population, notamment en Afrique subsaharienne.
Les conflits armés aggravent fortement la situation. Plus d’un enfant sur six vit désormais dans une zone de guerre, une réalité qui compromet durablement l’accès à l’éducation, notamment dans plusieurs régions du Moyen-Orient.
Malgré ce tableau préoccupant, le rapport met en lumière des réussites significatives, preuve que des politiques efficaces peuvent inverser la tendance.
Des pays comme Madagascar, Togo ou encore Vietnam ont réussi à réduire leur taux de non-scolarisation de près de 80 % en vingt-cinq ans.
D’autres exemples illustrent cette dynamique :
- En Éthiopie, la scolarisation primaire est passée de 18 % à 84 % en cinquante ans ;
- La Chine a massifié l’accès à l’enseignement supérieur, de 7 % à 60 % ;
- Le Népal s’impose comme un modèle de parité, avec des filles désormais à égalité (voire en avance) dans certaines régions.
Aujourd’hui, l’enjeu ne se limite plus à l’accès, mais à la rétention scolaire. Si 88 % des enfants achèvent le cycle primaire, seuls 61 % terminent le second cycle du secondaire.
À ce rythme, l’UNESCO estime qu’il faudra attendre 2105 pour atteindre un taux d’achèvement de 95 %, un horizon qui souligne l’urgence d’accélérer les efforts.
L’inclusion progresse sur le plan législatif, mais reste limitée dans les faits. Si 24 % des pays disposent de lois en faveur de l’éducation inclusive, seuls 8 % mettent en place des mécanismes financiers concrets pour soutenir les populations vulnérables, notamment les enfants en situation de handicap.
Pour Manos Antoninis, « aucune politique isolée ne saurait résoudre l’exclusion ». Les données montrent que l’éducation dépend aussi de facteurs externes : l’électrification, comme au Cambodge, ou encore les programmes de cantines scolaires (présents dans 84 % des pays) jouent un rôle déterminant, bien que souvent sous-financés.
En réaffirmant son engagement pour l’agenda post-2030, l’organisation dirigée par Khaled El-Enany rappelle que le droit à l’éducation demeure un pilier fondamental de la paix, conformément à son mandat fondateur de 1945.
