Le signal est critique. Lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève, la Haute-Commissaire adjointe des Nations unies aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif, a dressé un tableau alarmant de la situation en République démocratique du Congo.
En février 2026, pas moins de 2.560 violations des droits humains ont été documentées en seulement 28 jours, affectant directement plus de 6.760 personnes. Une flambée de violences qui confirme une détérioration rapide de la situation sécuritaire, principalement dans l’Est du pays.
Les exactions se concentrent dans le désormais tristement célèbre « quadrilatère de l’insécurité » : Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Maniema.
Selon Nada Al-Nashif, cette aggravation, amorcée depuis septembre 2025, est attribuable à des auteurs « clairement identifiés », mais qui continuent d’échapper à la justice, dans un contexte d’impunité persistante.
Le Coordonnateur humanitaire de l’ONU en RDC, Bruno Lemarquis, souligne de son côté l’impact direct sur les populations civiles, premières victimes de cette instabilité chronique.
Au-delà des chiffres, l’un des constats les plus préoccupants concerne les capacités limitées de réponse judiciaire. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) reconnaît ne pas disposer des financements nécessaires pour déployer les huit experts légistes indispensables à la documentation des crimes.
Ce déficit logistique risque de compromettre durablement les enquêtes et d’accentuer l’impunité, dans un contexte où les preuves doivent être collectées rapidement pour espérer engager des poursuites.
Parallèlement, la MONUSCO et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dénoncent un rétrécissement de l’espace civique à travers le pays.
À Kinshasa, journalistes, opposants politiques et défenseurs des droits humains font face à une multiplication des intimidations et des arrestations arbitraires.
Une lecture nuancée par le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, qui inscrit ces interpellations dans un contexte sécuritaire jugé sensible.
Avec une moyenne de plus de 90 violations par jour, le mois de février 2026 marque un tournant critique. L’incapacité du HCDH à financer ses experts légistes crée un vide judiciaire préoccupant, alimentant un cycle d’impunité dans l’Est du pays.
Entre tensions sécuritaires persistantes, crispations politiques à Kinshasa et blocages diplomatiques dans la région (notamment avec Rwanda) la RDC s’enfonce dans une crise multidimensionnelle où la protection des civils reste plus que jamais un défi majeur.
