Malgré l’appui déjà fourni par plusieurs organisations humanitaires, les personnes déplacées et retournées dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu, continuent de faire face à d’énormes défis liés à leur survie quotidienne. Insuffisance de nourriture, accès difficile aux soins de santé, manque de semences agricoles et pénurie de biens essentiels figurent parmi les principales préoccupations exprimées par les ménages affectés.
Affectées par les affrontements armés il y a environ une année, des centaines de familles ont trouvé refuge à Kamanyola, au Sud-Kivu. Si elles saluent l’engagement des organisations humanitaires qui leur ont apporté une assistance d’urgence pendant la période la plus critique de la crise, elles estiment toutefois que les besoins restent immenses.
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« Nous remercions les humanitaires pour leur soutien, mais nos enfants manquent encore de nourriture et nous n’avons pas les moyens de nous soigner », confie une mère déplacée rencontrée par le bulletin humanitaire Habari za Mahali.
Plusieurs ménages plaident pour l’arrivée d’autres acteurs afin de renforcer l’aide existante et promouvoir une résilience communautaire durable.
La cité de Kamanyola héberge aujourd’hui des milliers de déplacés venus des villages environnants ainsi que des retournés qui tentent de se réinstaller. Beaucoup peinent à reconstruire leurs moyens de subsistance, dans un contexte économique fragilisé par la persistance de l’insécurité.
Des femmes et enfants en première ligne à Kabare
Dans le territoire de Kabare, la situation demeure tout aussi préoccupante. Les déplacés et retournés y expriment des besoins urgents en vivres et en biens non alimentaires, en accès aux soins médicaux ainsi qu’en semences pour relancer les activités agricoles.
Majoritairement composés de femmes et d’enfants, ces ménages vulnérables font face à un manque criant de nourriture et de biens essentiels( merci de préciser quelques biens essentiels au quel vous faites allusion). À cela s’ajoutent l’insuffisance de semences et le difficile accès aux terres arables dans plusieurs localités du territoire, compromettant toute perspective de relance agricole.
« Sans semences ni terres, nous ne pouvons pas cultiver. Nous dépendons entièrement de l’aide », témoigne une femme retournée à Kabare.
Par ailleurs, un rapport de l’Action sociale pour l’intégration et la protection des personnes défavorisées (ASIPROPD) révèle une situation alarmante dans certaines localités proches du Parc National de Kahuzi-Biega. L’organisation signale l’exploitation de nombreuses filles mineures dans des plantations et concessions agricoles.
Selon l’ASIPROPD, plus de 350 filles âgées de 9 à 17 ans seraient contraintes de travailler quotidiennement dans des zones telles que Mudaka, Miti, Murhesa, Kavumu, Katana et Kalonge, en violation des lois nationales et des conventions internationales relatives à la protection de l’enfant.
Face à cette situation, les organisations locales appellent au renforcement des mécanismes de protection de l’enfance et à une assistance humanitaire intégrée, combinant aide alimentaire, accès aux soins, relance agricole et protection communautaire.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencja.
Séraphin Mapenzi.

