Le chef de groupement intérimaire de Kanyabayonga-Bwito, Muhindo Mungumwa Claude, et son épouse ont été abattus à leur domicile dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 janvier 2026, dans la cité de Kanyabayonga, territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), par des assaillants armés non identifiés, selon des sources locales.
D’après des témoignages recueillis sur place, un commando armé a fait irruption vers 23 heures dans la parcelle de l’autorité coutumière, avant d’ouvrir le feu à bout portant sur le couple. Alertés par les détonations, les voisins ont découvert l’ampleur du drame aux premières heures du jour.
Le mode opératoire — des tirs ciblés suivis d’un retrait immédiat des assaillants sans pillage — renforce, selon plusieurs observateurs locaux, la thèse d’une exécution ciblée plutôt que celle d’un acte de banditisme.
Muhindo Mungumwa Claude était une figure connue de la région. Ancien notable du village de Mwenda Bandu et collaborateur de longue date de l’administration coutumière, il avait été désigné chef de groupement par le mouvement AFC-M23, qui exerce actuellement le contrôle administratif de la zone.
Ce double assassinat intervient dans un climat de psychose à Kanyabayonga, carrefour stratégique du Nord-Kivu marqué par la présence de plusieurs groupes armés et des rivalités entre forces en conflit. La société civile locale indique que les autorités coutumières sont particulièrement vulnérables, coincées entre les pressions des forces de facto et les menaces de groupes rivaux.
Au-delà de la mort du couple, la situation est d’autant plus préoccupante que l’un de leurs enfants est porté disparu depuis l’attaque. Les recherches menées par les proches n’ont, pour l’heure, donné aucun résultat, faisant craindre un possible enlèvement.
À ce stade, aucune arrestation n’a été signalée par les autorités qui administrent la zone, et les auteurs du double meurtre restent introuvables.
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Pour les habitants du groupement de Bwito, ce drame illustre une fois de plus la précarité de la vie civile dans les zones sous influence rebelle, où la violence peut frapper même au cœur des foyers.
Joseph Aciza

