À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée ce 8 mars, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a dénoncé la persistance de lois discriminatoires qui continuent de priver les femmes d’une partie importante de leurs droits dans le monde.
Dans son message, le chef de l’ONU souligne qu’en dépit des avancées réalisées au fil des décennies, les femmes ne disposent en moyenne que de 64 % des droits légaux accordés aux hommes à l’échelle mondiale, selon les dernières données disponibles.
« Quand nous ne sommes pas égaux devant la loi, nous ne sommes pas égaux », a déclaré António Guterres, rappelant que les droits des femmes sont des droits humains fondamentaux.
Le secrétaire général de l’ONU a dressé un constat préoccupant sur les nombreuses barrières juridiques qui limitent encore l’autonomie des femmes dans plusieurs pays. Dans certains contextes, des lois continuent de conditionner le droit de travailler, de voyager ou d’hériter à l’autorisation d’un tuteur masculin.
Selon l’ONU, ces restrictions perpétuent une dépendance économique et une marginalisation sociale qui empêchent des millions de femmes de participer pleinement à la vie publique et économique.
La situation est également préoccupante en matière de protection contre les violences. Dans plus de quarante pays, le viol conjugal n’est toujours pas criminalisé, ce qui laisse de nombreuses femmes sans protection juridique au sein même de leur foyer.
Même dans les États disposant de lois protectrices, l’ONU souligne que l’accès réel à la justice reste souvent limité. Les préjugés sociaux, les obstacles institutionnels ou encore l’application insuffisante des textes constituent des freins majeurs à la protection effective des droits des femmes.
Le chef de l’ONU a également mis en garde contre une tendance inquiétante observée dans certaines régions du monde, marquée par la montée de régimes autoritaires et de l’instabilité politique.
Selon lui, ces dynamiques favorisent le retour de structures patriarcales et risquent de remettre en cause plusieurs acquis obtenus ces dernières décennies, notamment en matière de santé reproductive et de droits économiques.
Placée cette année sous le thème « Droits, action et justice pour toutes », l’Organisation des Nations unies appelle les États et les sociétés à transformer les engagements internationaux en actions concrètes.
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L’organisation encourage notamment la mise en œuvre des engagements issus de Déclaration et Programme d’action de Beijing et l’accélération des progrès vers les Objectifs de développement durable (ODD).
Pour António Guterres, l’enjeu est désormais clair : démanteler les lois discriminatoires et garantir à chaque femme et chaque fille la dignité, les opportunités et la liberté auxquelles elles ont droit, partout dans le monde.
