Le coordonnateur du mouvement AFC-M23, Corneille Nangaa, a tenu de graves accusations contre les autorités de Kinshasa, qu’il assimile aux « enfants de ceux qui ont tué Patrice Emery Lumumba », premier Premier ministre et héros national de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publique, Corneille Nangaa affirme que les responsables de l’assassinat de Patrice Lumumba sont connus et que leurs héritiers politiques occuperaient aujourd’hui des postes clés au sommet de l’État congolais. Il dénonce ce qu’il considère comme une contradiction entre ces héritages historiques et les accusations portées contre son mouvement, régulièrement qualifié de « balkanisateur ».
Selon lui, certaines décisions des autorités centrales, notamment la fermeture de banques ou des discours assimilant les populations de l’Est à des « étrangers », participeraient à une logique d’exclusion. Il y voit une négation de la citoyenneté congolaise de certaines communautés et soutient que le combat de l’AFC-M23 se veut, selon ses termes, « national et total ».
Corneille Nangaa va plus loin en affirmant que Patrice Lumumba, s’il était encore en vie, aurait soutenu le mouvement AFC-M23 et se serait rendu à Goma. Il affirme s’inscrire dans la « logique » et la « philosophie » du leader de l’indépendance congolaise, qu’il présente comme une référence idéologique pour son mouvement.
Il remet également en cause l’usage du nom de Lumumba par les autorités actuelles, estimant qu’elles ne peuvent ni revendiquer son héritage politique ni se réclamer du nationalisme. Il accuse certains dirigeants de « trahir le pays » et appelle le pouvoir de Kinshasa à ne plus « profaner » le nom de Patrice Lumumba.
Patrice Emery Lumumba, de son vrai nom Élias Okit’Asombo, est né le 2 juillet 1925 à Onalua, dans l’actuelle province du Sankuru. Figure emblématique de l’indépendance du Congo, il a été Premier ministre de juin à septembre 1960, avant d’être assassiné le 17 janvier 1961 près d’Élisabethville, dans l’actuel Katanga. Son assassinat reste l’un des épisodes les plus marquants et controversés de l’histoire politique congolaise.

