La situation sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo continue d’alimenter une crise humanitaire majeure. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), environ 1,84 million de personnes déplacées internes ont été recensées dans la province du Nord-Kivu entre le 1er et le 31 décembre 2025.
Ces statistiques sont contenues dans un rapport publié le 12 janvier 2026 et consulté par la rédaction de La Prunelle RDC.
D’après OCHA, du début à la mi-décembre, des affrontements violents entre groupes armés ont été signalés dans plusieurs villages des groupements de Bukombo et Kihondo, dans le territoire de Masisi. Ces combats ont fait au moins sept morts, plusieurs blessés et causé d’importants dégâts matériels, notamment l’incendie de dizaines de maisons et le pillage du centre de santé de Ngohola. Ces violences ont entraîné le déplacement d’environ 8.000 personnes, aujourd’hui réfugiées à Kiwanja, où elles vivent dans des conditions de grande précarité.
Le rapport souligne également que dans les territoires de Masisi, Katoyi et Walikale, de nouveaux affrontements armés ont provoqué des déplacements massifs de populations, faisant des dizaines de milliers de déplacés supplémentaires.
Par ailleurs, OCHA alerte sur la persistance de multiples risques sécuritaires, notamment la criminalité urbaine, la présence de mines et d’engins explosifs, ainsi qu’une forte recrudescence des violences sexuelles. Cette situation est aggravée par une pénurie critique de kits de prise en charge pour les survivantes. L’insécurité et l’isolement continuent de restreindre l’accès humanitaire et sanitaire, exposant des centaines de milliers de personnes à une vulnérabilité accrue dans les territoires de Lubero, Beni, Goma et Nyiragongo, en dépit d’un calme relatif observé dans certaines zones.
Le document indique en outre que, du 7 au 13 décembre 2025, une mission conjointe conduite par OCHA avec 34 organisations humanitaires a permis d’identifier au moins 280.000 personnes déplacées dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu. Ces déplacés vivent majoritairement au sein de familles d’accueil et présentent des besoins humanitaires multisectoriels urgents, notamment en nourriture, santé, eau, hygiène et protection.
Malgré la fermeture de son antenne de Rutshuru le 18 décembre 2025, OCHA précise poursuivre la coordination des interventions humanitaires dans cette zone à travers des mécanismes locaux, afin de maintenir une réponse adaptée aux besoins des populations affectées.

