Vols à main armée, assassinats et violations graves des droits humains rythment désormais le quotidien des habitants de Kamituga, ville minière du Sud-Kivu pourtant fortement militarisée. La situation sécuritaire suscite une vive inquiétude au sein de la population locale.
Selon Mazambi Masudi, coordinateur du Mouvement des Sociétés Civiles du Congo (MSCO Kamituga), « chaque nuit est un enfer pour la population kagalaise ». Il décrit une ville où des hommes armés, parfois identifiés, opèrent sans être inquiétés.
Kamituga est pourtant sous la surveillance de plusieurs forces : les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des contingents de l’armée burundaise, les groupes d’autodéfense Wazalendo ainsi que la Police nationale congolaise (PNC).
Malgré cette présence sécuritaire importante, les actes criminels persistent. Des habitants dénoncent des agressions nocturnes, des extorsions et des assassinats récurrents, plongeant la ville dans un climat de peur permanent.
« L’espérance de vie de la population s’est amenuisée », déplore Mazambi Masudi, affirmant que des familles entières passent leurs nuits dans l’angoisse, certaines quittant même leurs domiciles à la tombée de la nuit. Les commerces ferment précocement, paralysant l’activité économique.
Des voix locales accusent certains éléments des forces de sécurité de tirer profit du désordre ambiant, ce qui accentuerait la méfiance et le désespoir des habitants.
« Les malfaiteurs imposent leur pouvoir dans une ville très militarisée mais pas sécurisée », insiste le coordinateur du MSCO.
Face à cette situation, Mazambi Masudi lance un appel aux autorités civiles, militaires et policières pour une réaction urgente. Il exhorte les forces engagées dans la zone à faire preuve de professionnalisme et de patriotisme afin de protéger efficacement les civils.
Cette alerte intervient dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés dans l’Est de la RDC. Plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent affectés par l’activisme des rebelles de l’Alliance Fleuve Congo – M23, un mouvement que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda.
Dans ce climat d’insécurité généralisée, les organisations de la société civile de Kamituga réclament une mobilisation immédiate pour restaurer l’ordre public et garantir la sécurité des populations.

