La Société civile du groupement de Mudusa, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, alerte une nouvelle fois sur l’utilisation d’enfants en âge de scolarité dans l’exploitation illicite des pierres aux carrières de Kalangwe et Nyangulube. Elle met en garde contre des risques graves pour les mineurs, les habitations environnantes et l’environnement.
Selon Alain Ashuza, rapporteur de la Société civile de Mudusa, malgré deux précédentes dénonciations adressées aux autorités compétentes, aucune mesure concrète et durable n’a été prise pour mettre fin à cette pratique.
D’après lui, les enfants employés dans ces carrières sont exposés à de multiples risques liés à la pénibilité et à la dangerosité des travaux.
« Ces enfants sont exposés à des risques élevés d’éboulements, de blessures graves, d’inhalation de poussières nocives et d’accidents mortels. Cette pratique constitue une violation flagrante des droits de l’enfant et compromet gravement leur avenir en les privant d’éducation et de protection », a-t-il déclaré à La Prunelle RDC.
La Société Civile rappelle que ces activités compromettent non seulement la sécurité des mineurs, mais également celle des populations riveraines.
L’exploitation des pierres dans les carrières de Kalangwe et Nyangulube menacerait le chemin reliant les deux villages, déjà fragilisé par l’affaiblissement du sol.
Parmi les risques évoqués figurent l’effondrement du chemin principal, la fissuration et l’écroulement progressif des maisons situées à proximité, les glissements de terrain et éboulements, la dégradation avancée de l’environnement, la pollution atmosphérique due à la poussière et une insécurité sociale croissante dans la zone.
« Des creusements incontrôlés sont réalisés à proximité immédiate du chemin principal et des maisons, fragilisant dangereusement le sol », a souligné Alain Ashuza.
La Société civile de Mudusa condamne fermement cette exploitation qu’elle qualifie d’anarchique et illégale, menée sans respect des normes de sécurité ni encadrement réglementaire.
Lire aussi : Nord-Kivu : le cri d’alarme de Prince, 10 ans, victime silencieuse du conflit à Goma
Elle appelle les autorités à tous les niveaux à intervenir sans délai, notamment pour suspendre immédiatement toute exploitation illicite dans les carrières concernées, mettre fin à l’utilisation d’enfants dans ces travaux dangereux, sécuriser le chemin menacé et protéger les habitations environnantes, identifier et sanctionner les responsables et mettre en place des mesures durables de contrôle et de protection.
« Il est encore temps de sauver le chemin déjà en danger et d’éviter l’effondrement des maisons. Nous refusons d’assister passivement à une tragédie annoncée », insiste-t-il.
La Société civile du groupement de Mudusa affirme rester mobilisée pour défendre les droits des enfants et la sécurité des populations locales.

