À l’occasion des Nuits de la lecture, célébrées chaque 20 janvier, plusieurs écrivains congolais ont tiré la sonnette d’alarme sur la baisse du taux de fréquentation des bibliothèques et le recul de la culture de la lecture dans les sociétés contemporaines.
Pour Destin Safari, expert en communication organisationnelle et écrivain, la communauté ne s’est pas suffisamment approprié le livre comme outil de développement intellectuel.
« Le taux de fréquentation des bibliothèques est faible, nous devons l’admettre. Non seulement le livre imprimé n’est plus tellement convoité, mais la plupart de notre communauté n’est pas socialisée à la lecture », souligne-t-il.
Il explique cette situation par plusieurs obstacles, notamment la faible implication de l’État dans la promotion du livre, la rareté des activités de vulgarisation de la lecture et la perception selon laquelle la lecture serait réservée à une élite.
L’écrivain lance ainsi un appel à la prise de conscience collective :
« J’aimerais dire à la jeunesse que la lecture nous épanouit. C’est dans les livres que l’on trouve l’essentiel du savoir universel. Quant à l’État congolais, il a le devoir de valoriser ce secteur et de soutenir les auteurs afin qu’ils continuent à produire selon les besoins du présent et de l’avenir. »
De son côté, Emmanuel Luvu, écrivain et chercheur, estime que la culture de la lecture n’est pas suffisamment enracinée dans les mentalités africaines, et particulièrement congolaises.
Il met également en cause le système éducatif : « Les écoles n’aident pas suffisamment les élèves et les étudiants à s’approprier la lecture, ce qui conduit progressivement à son abandon. »
Selon lui, la montée en puissance d’Internet et des réseaux sociaux contribue aussi à éloigner les jeunes des bibliothèques, qu’elles soient physiques ou numériques.
« Aujourd’hui, les réseaux sociaux détournent beaucoup de jeunes de la lecture. Mais l’obstacle majeur reste l’accès limité et souvent payant à certaines connaissances », ajoute-t-il.
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Emmanuel Luvu appelle enfin la jeunesse congolaise à redécouvrir la puissance du livre.
« C’est grâce à la lecture que l’on découvre les cultures et l’histoire des peuples. Lire, c’est aussi se comprendre et comprendre le monde. »
Esther Rehema & Appoline Kilauli

